Les Animaux et l'Homme
Le mot « loup » vient du latin lupus. Le sens premier est « celui qui déchire » ou « le rôdeur », ce qui évoque la prédation et la menace.
Elles remontent au Paléolithique supérieur, il y a environ 30 000 ans. La grotte Chauvet, en France (Europe occidentale), contient des gravures rupestres d'un canidé qui ressemble à un loup ou à un chien sauvage. L'animal est à la fois une fascination (la puissance d'une meute) et une source de danger pour l'homme préhistorique.
En Europe, les sociétés sont agricoles et sédentaires, le loup est vu comme un prédateur car il menace les troupeaux et les humains. Il devient donc le symbole du mal et de la ruse. À l'inverse, pour les peuples nomades des steppes qui vivent en contact avec la nature, le loup représente la force et la survie. Il est perçu comme un compagnon et un ancêtre totémique.
Le loup dans les bestiaires médiévaux est présenté comme une créature rusée et vorace, c'est le symbole du diable et de l'hérésie (« Le Malin »). Par exemple, dans le Physiologus (texte grec du IIe siècle), il est dit que le loup fait preuve de ruse pour approcher les bergeries en silence, « car il pose ses pattes avec précaution pour ne pas faire de bruit ».
Il y a à la fois continuité et rupture.
Dès la Préhistoire, le loup inspire la crainte (c'est un prédateur). En Grèce antique, Lykaon est transformé en loup par Zeus comme punition suprême (Métamorphoses d'Ovide).
A l'Antiquité, la mythologie romaine présente une vision sacrée de cet animal, au travers la louve qui a élevé les deux frères qui ont fondé Rome (Romulus et Remus).
Le Christ est le « bon berger » et ses fidèles sont le troupeau. Le loup étant le prédateur du mouton, il est vu comme le diable et le pécheur qui « ravage le troupeau ». On retrouve cette métaphore dans les Évangiles (Matthieu 7:15 : « Méfiez-vous des faux prophètes : ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans ce sont des loups rapaces »).
Aujourd'hui, la perception du loup est encore divisée : il est à la fois un symbole écologique (prédateur régulateur) et un sujet de conflits avec les éleveurs.
Le loup est le compagnon spirituel du héros. Il incarne la liberté et la nature.
Un étudiant chinois envoyé en Mongolie découvre le rôle écologique et culturel du loup chez les nomades Mongols. L'œuvre présente le loup comme une figure nécessaire à l'équilibre des écosystèmes.
En Inde, le loup indien est parfois vénéré dans certaines communautés rurales qui le considèrent comme un protecteur.
Au Japon, le loup était traditionnellement considéré comme une divinité protectrice des récoltes (il chassait les cerfs et sangliers ravageurs).
Ces différences s'expliquent par des contextes écologiques différents (le loup japonais n'attaquait pas le bétail de la même façon) et des systèmes de croyances non chrétiens.
Le loup a toujours eu un double sens pour l'homme, il incarne l'état le plus sauvage et la première domestication, la prédation et la protection ou encore la sociabilité et la solitude (meute de loup et loup solitaire).